Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France en Tunisie : « On va jusqu’à dire que je suis l’ambassadeur de la Tunisie ! »

Ajouté le 06/01/2017 à 10:58

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Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France en Tunisie : « On va jusqu’à dire que je suis l’ambassadeur de la Tunisie ! »
Nommé ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor a pris ses fonctions en septembre 2016. Ecrivain, ancien journaliste, acteur culturel, ancien directeur de France Culture, ancien ambassadeur chargé de l’attractivité culturelle de la France, OPDA, comme l’appellent ses amis, est un homme de terrain. Tout en gardant un œil sur ses dossiers, il pratique une diplomatie de proximité visible là où il passe. Du nord au sud du pays. Dans les stades, les trains, chez les gens, du côté des petits commerçants et sur… Facebook. L’éducation, l’emploi, la francophonie, la décentralisation font partie des préoccupations majeures de l’ambassadeur de France. Pour atteindre ses objectifs, OPDA semble vouloir mettre à la disposition de la Tunisie ses larges réseaux, son sens de la communication et sa passion du terrain. 

Après Bagdad, Londres, Tunis, Paris, Nice, Berlin et d’autres villes du monde, un attentat terroriste vient de toucher Istanbul. Les Azzabi, un couple de Tunisiens y a péri, Senda, l’épouse, était franco-tunisienne. Pensez-vous que vivre sous cette menace constante puisse réduire nos libertés, changer nos comportements quotidiens et notre vie dans la cité ?
A mon avis pour lutter vraiment contre le terrorisme, il ne faut baisser la garde sur rien, ni en termes de libertés, ni de démocratie, ni de droits de l’Homme. Il faut donc traiter les terroristes comme ils le méritent par un système de défense et de sécurité renforcé. Je tiens à saluer le travail exceptionnel, en un temps très court, réalisé par la Tunisie à ce niveau. La Tunisie qui n’était pas du tout habituée à ce phénomène et l’a découvert après nous. Grâce à la coopération avec l’Europe entre autres, elle a pu sur son territoire bien se protéger, notamment après les attaques de Ben Guerdane. Paradoxalement, cette double page tragique tant en France qu’en Tunisie nous a beaucoup rapprochés. Les attentats de Paris, de Nice et de Sousse nous ont permis de bien coopérer dans les domaines de la sécurité et du renseignement.

Justement, les services de renseignements peuvent neutraliser les actes terroristes. Quelle coopération aujourd’hui entre les services tunisiens et français pour démanteler des attentats en gestation, notamment avec le mouvement de retour des terroristes, en Tunisie et en France, des fronts de Daech ?
Les deux ministres de l’Intérieur tunisien et français se sont rencontrés à Paris il y a deux mois et ont évoqué cette question de l’échange d’informations très rapide de manière à ce que des actes terroristes en gestation intéressant les deux pays soient signalés d’une part comme de l’autre. Les deux systèmes sont connectés aujourd’hui. Depuis 2015, on a quadruplé les actes de coopération militaire et sécuritaire. Sur la question du retour, les choses se passent avec beaucoup de doigté d’un côté comme de l’autre. Il ne s’agit pas pour nous en tout cas de vouloir faire rentrer des citoyens tunisiens qui seraient en situation irrégulière. Nous faisons une distinction très nette entre les sans-papiers, et qui pourrait être un jour reconduit néanmoins, et les individus récupérés par les réseaux terroristes.

L’Allemagne a annoncé avoir extradé il y a quelques mois vers la Tunisie une soixantaine de présumés terroristes tunisiens. La France a-t–elle pris des mesures de ce type ces derniers temps ?

Il y en a eu beaucoup moins à partir de chez nous. Je sais qu’un Tunisien a été extradé il y a deux jours. Sur cette question, j’en appelle au calme du côté de nos deux populations. Depuis deux ans, nous neutralisons beaucoup de tentatives d’attentat, beaucoup de cellules plus ou moins dormantes et sommes en train de construire des pays sûrs, qui ne l’étaient pas parce qu’on n’imaginait pas auparavant cette menace-là. La Tunisie, encore une fois, doit être saluée pour tous les efforts qu’elle fournit, notamment pour contrôler ses frontières ouvertes avec la Libye. Nous, Européens, devons assumer nos responsabilités et la soutenir à ce niveau.

Justement, les frontières entre la Tunisie et la Libye s’étendent sur 520 km. N’étant pas totalement sécurisées, des jihadistes armés, parmi les plus dangereux, s’y sont infiltrés ces dernières années. Comment, à votre avis parer, à ce grand problème sécuritaire d’autant plus que les « revenants », selon la formule du journaliste David Thomson, pourraient prendre cette filière?
En fait, il y a une très bonne coopération dans le cadre d’une structure mise en place autour des ministères de l’Intérieur et de la Défense tunisiens qui s’appelle le G7 sécuritaire. On y retrouve les EU, la G.-B., l’Italie, l’Allemagne, le Japon, la France et d’autre pays. On s’est réunis il y a dix jours avec le ministre de la Défense et il a donné à chacun de nos pays les axes prioritaires sur lesquels nous pouvions aider à la sécurisation de votre pays.  

L’autre « guerre » en Tunisie concerne la lutte contre la corruption et la contrebande, comme annoncé par Youssef Chahed. En quoi la France peut-elle, avec son expertise dans ce domaine, appuyer la Tunisie et en particulier l’Inluc et le pôle judiciaire et financier dans leur bataille pour traquer ce fléau ?
Je crois beaucoup en la détermination du gouvernement Youssef Chahed, qui procède par méthodes. Un gouvernement à qui on reproche de ne pas vouloir réformer, alors qu’il y a un temps pour tout. Tous les pays sont atteints par la corruption. C’est d’abord un problème civique. Il y a d’autre part une économie qui peut être de rente, un peu monopolistique, à côté de laquelle se construisent des marchés parallèles. Il s’agit donc de rééquilibrer l’économie et de faire en sorte qu’elle soit sainement concurrentielle. La corruption en Tunisie représente 2 à 2,5% de croissance, un taux assez élevé. Voilà pourquoi nous allons monter le printemps prochain une rencontre tuniso-française de haut niveau entre l’Inluc et la Haute instance pour la transparence de la vie publique sur un thème en rapport avec la corruption et la croissance. Y seront conviés des économistes, des magistrats et des universitaires. Il faut également à mon avis procéder sur ce genre de questions à un niveau européen de la coopération. 

Un mois après la Conférence internationale sur l’investissement Tunisie 2020, où en est l’idée de conversion d’une partie de la dette française en projets de développement ?
Ce rendez-vous, qui a été organisé magistralement bien, a produit des résultats spectaculaires. Notre engagement à nous est passé d’un milliard d’engagements, sur cinq ans, à un milliard 200 millions d’euros sur la même période. On a demandé par ailleurs à l’Agence française de développement (AFD), qui est de loin l’agence de référence en Tunisie, de monter notre contribution  annuelle  tunisienne de 200 à 250 millions d’euros. Il peut s’agir de prêts à taux peu élevés, de garanties, de participations, de subventions… On peut dire qu’en tant que coparrain de Tunisia 2020, on a assumé pleinement notre rôle. Il s’agit de notre part de présenter des sommes d’argent réel qui iront à des projets tunisiens. Plusieurs accords ont été signés pour un montant de 120 millions d’euros. Ils tournent autour des axes suivants : les changements climatiques, la gestion des ressources naturelles, les villes durables, la promotion de l’emploi, l’employabilité des jeunes, le soutien à la réforme de l’Etat, le soutien à la décentralisation et le développement économique des territoires. Pour revenir à la conversion de la dette, je peux dire que lorsque je suis arrivé ici, ce sujet n’était pas très à la mode, y compris parmi les pays amis de la Tunisie. Je me suis rendu compte également que la dette coûtait à la Tunisie une somme de six milliards de DT à rembourser par an. D’autre part, 50% de la dette tunisienne revient à la France. Nous avons eu déjà une amorce de conversion de la dette française à travers la construction d’un hôpital à Gafsa, projet initié l’année passée et qui ouvrira ses portes en 2020. A l’occasion de la visite de Youssef Chahed à Paris, les 9 et 10 novembre dernier, et des relations de confiance qui se sont nouées avec son homologue français, nous avons décidé de rouvrir ce dossier et sommes en train de procéder à la mise en place d’autres projets de conversion de la dette en rapport avec la santé et l’enseignement supérieur. Des hôpitaux seront construits ou réhabilités. Nous voulons également lancer des instituts supérieurs professionnels : des formations à des métiers techniques, à savoir des Bac +3, porteurs d’emplois à la clé. Nous ciblons des projets qui s’adressent aux populations et les touchent au plus près, destinés à améliorer la santé des Tunisiens et leur accès à l’éducation.

Quelles sont les conditions demandées par les hommes d’affaires français pour investir encore plus en Tunisie ?
D’abord, il faut dire qu’ils ne sont pas partis après la révolution. 1.300 entreprises françaises, dont beaucoup de PME, continuent à s’activer en Tunisie dans les secteurs du textile, du cuir, du matériel électrique et ménager, de la mécanique et du transport. Elles génèrent 130.000 emplois. Cela prouve qu’il y a un marché tunisien formé de onze millions de consommateurs, qui apprécient entre autres nos marques de distribution. Decathlon ouvrira bientôt deux magasins à Tunis, l’enseigne produit en Tunisie le gros de ses articles et emploie 1.200 personnes. Accor est bientôt de retour à Tunis et à Sfax. Pour revenir à votre question, une action forte de lutte contre le marché parallèle et la corruption pourrait rassurer les investisseurs français. La société Total qui distribue de l’essence n’apprécie pas par exemple de voir échanger au bord de la route de l’essence au marché noir. Une facilitation de l’administration tunisienne, qui a hérité de la complexité de l’administration française, serait aussi appréciée. Je reste très optimiste pour la Tunisie, avec ses niveaux d’éducation et de technicité qui sont supérieurs à d’autres pays de la région. La main-d’œuvre est qualifiée et elle a l’avantage pour nos investisseurs d’être largement bilingue. Le marché africain et la capacité de projection de la Tunisie à l’extérieur sont également des atouts non négligeables pour les investisseurs français. Troisième élément qui va participer au décollement économique de la Tunisie réside dans la décentralisation. Les régions auront un jour des élus, qui vont avoir des préoccupations économiques et de développement de leurs territoires.

Comment faire pour que la Tunisie dont l’image continue à être altérée dans les médias du monde par le jihadisme islamique récupère un secteur vital pour elle, à savoir le tourisme ?
Il faudrait à mon avis que les Tunisiens se regardent dans la glace et se disent « comme on est fiers », « comme on est libres », « le monde entier sait qui nous sommes ». En observateur affectueux de ce pays je dirais que la Tunisie peut se sentir fière de ce qu’elle a accompli depuis 2011. Elle a accompli ce que beaucoup de pays ont salué, ce que des pays n’ont pas eu le bonheur de connaître, je pense ici à l’Egypte. La démocratie a un coût. Le coût de la mise en place des institutions et du débat public, dont le dernier débat entre les partis politiques  sur le retour des jihadistes. Tout cela n’est pas une perte de temps. La Tunisie n’est pas seule à subir des attentats terroristes. Regardez la France par exemple, qui fait peur aux Japonais et aux Américains depuis les évènements de Paris et de Nice. Le tourisme y a baissé. Pareil pour Bruxelles, Berlin et Istanbul. A mon avis, l’image de la Tunisie est bonne. Elle n’était pas meilleure avant 2011. Elle incarnait la figure d’un régime corrompu au service d’une famille. Son tourisme était plutôt bas de gamme. Aujourd’hui vous pouvez dialoguer d’égal à égal avec les démocraties occidentales, avec des élections et un Internet libres, ce qui n’est pas le cas du reste de la région. Vous avez 3.000 ou 4.000 jihadistes, les chiffres sont approximatifs. Mais qu’est-ce que ce chiffre par rapport à l’ensemble de la population tunisienne qui est pacifiste ? Et puis on sait que le phénomène des recrues au jihad est en chute libre en Tunisie. Ce qui est très encourageant. Après, il y a d’autres réponses à trouver à ce phénomène que celles strictement sécuritaires, des réponses économiques et sociales entre autres. D’où encore une fois l’importance vitale de la décentralisation et des prochaines élections municipales.

Vous lancez une grosse opération à Djerba pour faire revenir les touristes français à partir du printemps 2017. Pouvez-vous nous en parler ?
L’opération s’appelle DjF : Djerba invite la France. A l’occasion de la réouverture de l’Hôtel Impérial à Sousse et pendant cinq mois, on va essayer de focaliser sur la Tunisie en ciblant Djerba, traditionnellement première destination des touristes français. Et puis dans la communication sur le tourisme, il ne faut pas travailler sur une dimension nationale, mais plutôt sur des marques. Djerba prend la forme d’une marque puisque c’est une île. DjF est une sorte de saison culturelle sur l’île, initiée avec le ministère du Tourisme tunisien, qui commencera avec l’ouverture en avril de la première alliance française en Tunisie et sera clôturée en septembre avec l’inauguration de la première école  privée française à Djerba. La saison sera traversée par une série d’évènements, de rencontres, d’ateliers, de conférences, de collaborations artistiques…Je ferai venir de grandes vedettes françaises à Djerba, qui ont le mérite d’aimer la Tunisie, Patrick Bruel, Cyril Hannouna et d’autres encore. Ce qui fera venir les touristes en Tunisie n’a rien à voir avec les prix. Il s’agit plutôt de montrer à quel point on peut découvrir des endroits extraordinaires dans ce pays. A partir de Djerba, par exemple, on peut aller à Tataouine, puis dans les montagnes et visiter les ksour, qui sont sublimes. Nous soutenons également le classement de Djerba par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité. Une opération qui peut être déterminante pour son développement culturel, économique et culturel.

Vous avez déclaré il y a un mois dans une interview à Radio Mosaïque  que la Tunisie pourrait devenir un hub éducatif. Comment la France pourrait-elle prendre part à la concrétisation de ce projet ?
Je pense que la Tunisie peut devenir par les universités qui existent déjà ici et sa situation géographique un hub éducatif pour l’Afrique francophone. Il est en plus beaucoup moins coûteux pour les Africains de venir ici que de partir en France. On peut vraiment développer une stratégie d’enseignement supérieur pour accueillir ces étudiants à condition bien sûr qu’on les traite bien lorsqu’ils arrivent sur le territoire tunisien et que l’on trouve ici une qualité de la langue française, qui s’est un peu perdue. D’où les formations de formateurs qu’on va lancer auprès des enseignants et des inspecteurs du primaire et du secondaire, des apprentissages du français à travers le numérique, des sections internationales  du baccalauréat dans les lycées publics tunisiens. Avec Néji Jalloul et Slim Khalbous nous travaillons sur le renforcement de la qualité du français qui a baissé. Vu le boom de l’enseignement privé, nous allons également créer des écoles primaires et secondaires  privées à Tunis, à Sfax et à Djerba.. Je suis déterminé à mettre en place un plan de soutien à la presse francophone. Il est, j’estime, de notre devoir, y compris à travers l’OIF, de soutenir la presse francophone de qualité, qu’elle soit écrite ou radiophonique. On pense éventuellement au retour d’émissions francophones à la télévision dans une des chaînes tunisiennes.

Pour donner une plus grande impulsion à la francophonie, vous comptez mettre en place à partir de l’année 2017 des alliances françaises. Quel rôle joueront ces nouvelles structures  dans le paysage culturel et éducatif tunisien ?
Ces alliances, des lieux franco-tunisiens dédiés à la langue, à l’éducation et à la culture sont des associations de droit local pilotées par des Tunisiens et des Tunisiennes. Elles ouvriront à Djerba, à Bizete, à Gafsa, à Tunis, à Monastir, à Sidi Bouzid, au Kef. L’équilibre économique de ces centres sera assuré par les cours de français.

Le Sommet international de la francophonie se tiendra en Tunisie en 2020. La France avait beaucoup soutenu la candidature de la Tunisie en tant que pays organisateur de cet évènement.
Jamais encore un pays maghrébin n’avait accueilli un sommet de la francophonie. Il sera précédé d’un sommet économique des pays francophones et du congrès de l’Association des professeurs de français dans le monde, constituée de 20.000 personnes. Tout cela va fixer un cap intéressant pour la francophonie en Tunisie. Certes, la qualité du français a baissé ici mais paradoxalement il y a un boom de la demande pour cette langue à travers les écoles françaises, les taux de fréquentation de notre médiathèque et les étudiants tunisiens qui vont de plus en plus en France.

Vous êtes connu pour avoir initié de grandes manifestations culturelles régionales, dont la Biennale  africaine de la photo de Bamako et le Marathon des mots de Toulouse. Une manifestation artistique de cette envergure est-elle prévue ici en Tunisie ?
Oui, j’en ai parlé avec mon collègue européen et un certain nombre de partenaires ici privés et publics, dont le ministre tunisien de la Culture.  Je trouve que la Tunisie avec son paysage culturel fait d’initiatives privées, à travers les fondations, et d’une politique publique  mérite d’accueillir une manifestation de niveau international. L’idée consiste à produire en 2018 une grande biennale de l’image à Tunis et dans deux autres villes de Tunisie qui devrait toucher un million de personnes. La rencontre de dimension arabo-africaine ne viserait pas uniquement les cercles d’initiés mais ciblerait le peuple dans son ensemble. Elle se déroulerait dans l’espace public, à commencer par l’avenue Bourguiba. La biennale sera dédiée à la photo artistique et à l’image documentaire. La Biennale malienne va s’arrêter en 2017, je ferai en sorte pour que les moyens qui étaient destinés à Bamako puissent revenir à la Tunisie. La Tunisie qui est si intéressante aujourd’hui à documenter à travers des reportages photographiques dans tous les gouvernorats. Je pense qu’il y a ici en plus un vrai public pour l’image. Les fondateurs de cette biennale seront l’Union européenne, la France et la Tunisie.

Vous semblez avoir un profil inédit de diplomate. Vous êtes très présent sur le réseau Facebook, mais également sur le terrain, avec les gens, dans les stades, chez les petits commerçants, dans les trains…Cette diplomatie de proximité s’explique-t-elle par l’un de vos premiers métiers, journaliste ?
Il faut que je rassure les gens : je suis un vrai diplomate ! J’ai mon style, mais surtout ma conviction et probablement que je ne serai pas comme ça avec un autre pays. Notamment depuis 2011, nous sommes interconnectés, Français et Tunisiens. On est inséparables à l’image de ce couple franco-tunisien dont j’étais à l’enterrement hier. Comme je suis un affectif doublé d’un homme de terrain, j’ai décidé d’ouvrir la résidence de France, du côté de la parcelle au bord de la mer, pour créer avec l’Institut national d’agronomie un grand jardin franco-tunisien, accessible à toutes les écoles tunisiennes, qui voudraient y aménager un potager ou un herbier. Une manière de rendre accessible aux Tunisiens ce qui leur appartenait. Facebook représente un peu mon journal personnel de la Tunisie. J’essaye d’y consigner chaque jour ce qui m’a frappé dans ce pays et de le communiquer aux gens. On va jusqu’à dire que je suis l’ambassadeur de la Tunisie !

Par : Olfa Belhassine


Jeudi 23 Novembre 2017